Mardi 24 avril 2012
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Six personnes, sous contrat d'employées de vie scolaire (EVS), recevront de 9 000 à 11 000 euros d'indemnités pour
licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Le comité des précaires de l'Éducation nationale pavoisait hier. Six employés de vie scolaire étaient devant le tribunal des prud'hommes pour entendre le jugement de l'affaire les opposant à leur
employeur, l'Éducation nationale, physiquement représentée par le lycée Paul-Bert de Bayonne.
Ces précaires étaient sous contrat aidé, à destination de personnes en recherche d'emploi (contrats d'avenir, contrats d'accompagnement dans l'emploi, en général six mois renouvelables jusqu'à
deux ans, cinq sous condition), payés sous le SMIC mais avec une formation en contrepartie pour les aider à retrouver un emploi.
Mais de formation, il n'y a pas eu. « Faute de moyens, l'État n'assure pas les formations promises » constate Jean-Philippe Crabé, du comité des précaires. L'affaire a donc été portée
devant le tribunal des prud'hommes pour six employés de vie scolaire. Hier le tribunal a condamné le lycée Paul-Bert, employeur des précaires pour le département, à des indemnités allant de 9 000
à 11 000 euros selon les cas. Le tribunal condamne pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse et ordonne le versement d'indemnités de requalification, compensation de préavis et les
congés payés y afférant, indemnité légale de licenciement, dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ». « Les clauses du contrat n'ont pas été
respectées » résume Jean-Philippe Crabé.
« Je travaillais dans l'administratif à l'école de Gurmençon en 2009-2010 » relate Marie-France, 55 ans, médiatrice sociale au chômage. « Je touchais 645 euros pour 24 heures par
semaine. On ne m'a jamais proposé de formation ». Même constat pour Élisabeth, 58 ans : « J'ai eu cinq ans de contrat. J'ai travaillé à l'école de Bordes puis à Lescar où je faisais de
l'administratif. J'ai même été la directrice de l'école maternelle. Je touchais 850 euros par mois pour 26 heures par semaine. Aujourd'hui, il me reste trois ans avant la retraite mais je ne
trouve aucun emploi ». « On est des pions, des bouche-trous » dénonce Béryl, proche de la soixantaine et qui n'espère plus grand-chose aujourd'hui en terme d'emploi.
« L'Éducation nationale et l'Inspection académique gèrent ces emplois aidés mais ne font rien pour la formation » dénonce Jean-Philippe Crabé. Selon le comité des précaires, il y a
environ 200 personnes dans le département qui peuvent prétendre aux mêmes indemnités.
===> Rassemblement le 9 mai à Pau
Le comité des précaires appelle à un rassemblement des précaires et de ceux qui les soutiennent devant l'Inspection académique, place d'Espagne à Pau, le 9 mai prochain à 9 heures. « Environ
une soixantaine de contrats vont s'achever fin mai ou en juin dans le département et ne seront pas renouvelés faute de budget » explique Jean-Philippe Crabé. « On réclame que ces
emplois soient désormais intégrés » réclame le responsable du comité des précaires, soutenu par les syndicats CNT et FSU.
Sources : La République de Pyrénées du 24 mai 2012